Bivalirudin
Angiomax, Angiox (marque UE), Hirulog-8, BG8967
1De quoi il s'agit
Bivalirudin est un peptide court, entièrement synthétique, conçu au début des années 1990 pour reproduire les deux parties de l'hirudine qui comptent : un court segment qui obstrue le site actif de la thrombine, relié par un lien glycine flexible à une queue de 12 acides aminés qui se fixe à l'« exosite 1 » de la thrombine, le point d'ancrage du fibrinogène. L'hirudine elle-même (et ses versions recombinantes, la lépirudine et la désirudine) se lie à la thrombine de façon presque irréversible ; bivalirudin a été conçu pour que la thrombine puisse couper le peptide après la liaison, retrouvant sa propre activité en quelques minutes. Cela donne un effet anticoagulant prévisible et bref, adapté à la salle de cathétérisme.
Il a été développé par Biogen, puis The Medicines Company, et autorisé par la FDA en décembre 2000 pour une utilisation pendant l'angioplastie coronaire. Des versions génériques existent depuis 2015. C'est un médicament hospitalier : il n'existe aucun usage communautaire ou autonome, et aucun n'aurait de sens compte tenu de sa et de sa voie d'administration.
2Mode d'action supposé
3Ce que montre la recherche
Anticoagulation pendant l'ICP vs héparine (± inhibiteur de la GP IIb/IIIa)
Infarctus du myocarde (STEMI) traité par ICP primaire
Thrombopénie induite par l'héparine (TIH) lors de l'ICP
Chirurgie cardiaque et ECMO
Usage communautaire / autonome
4Effets indésirables et interactions rapportés
Rapporté dans la littérature
Le saignement est le principal risque, comme avec tout anticoagulant, bien qu'il soit constamment plus faible qu'avec l'héparine plus un inhibiteur de la GP IIb/IIIa dans les essais. Autres événements rapportés : douleurs dorsales, hypotension, nausées, céphalées, douleur au point d'injection. Une thrombose de stent aiguë dans les premières heures suivant l'ICP primaire a été observée dans HORIZONS-AMI et EUROMAX, et c'est la raison de la perfusion prolongée après l'intervention dans les essais ultérieurs. Rares : formation d'anticorps (titre faible, aucune conséquence clinique constatée), hypersensibilité.Rapporté par la communauté
aucun ; pas d'usage communautaire.Théorique. il n'existe pas d'antidote ; la prise en charge d'une anticoagulation excessive consiste à arrêter la perfusion (l'effet s'estompe en ~1 h) et, en dernier recours, l'hémodialyse ou l'hémofiltration l'élimine.
Interactions. risque hémorragique additif avec les autres anticoagulants, antiplaquettaires et thrombolytiques (pharmacodynamique, non métabolique). Aucune implication du cytochrome P450.
Marqueurs que les chercheurs surveillent couramment
Ceux-ci suivent l'étiquetage et la pratique en salle de cathétérisme :
| Marqueur | Pourquoi on le surveille |
|---|---|
| Temps de coagulation activé (ACT) | la mesure au lit du patient utilisée pendant l'ICP ; bivalirudin augmente l'ACT de façon prévisible dans les 5 minutes suivant le bolus. |
| TCA (aPTT) | utilisé dans les protocoles de chirurgie cardiaque et d'ECMO où l'ACT est moins fiable ; les plages cibles sont propres à chaque établissement. |
| Hémoglobine / hématocrite | le saignement est l'événement indésirable clé ; contrôlés après l'intervention. |
| Numération plaquettaire | pour distinguer l'utilisation de bivalirudin d'une TIH ; bivalirudin lui-même ne fait pas baisser les plaquettes. |
| Créatinine / DFGe | le débit de perfusion est réduit en cas d'insuffisance rénale car ~20% de l'élimination est rénale. |
| Signes de thrombose de stent (ECG, douleur thoracique) dans les 24 premières h | la fenêtre de risque spécifique identifiée dans les essais sur le STEMI. |
Gratuit pour tous. Les informations de sécurité ne sont jamais derrière un accès payant.
5Reconstitution et manipulation
Préparation uniquement par la pharmacie hospitalière ou en salle de cathétérisme : un flacon de 250 mg est avec 5 mL d'eau stérile (50 mg/mL) et dilué dans 50 mL de glucose à 5% ou de sérum physiologique à 0.9% jusqu'à 5 mg/mL pour le bolus et la perfusion. Ne pas mélanger dans la même ligne avec plusieurs médicaments répertoriés (p. ex. alteplase, amiodarone, diazepam, prochlorperazine). Non fourni pour un usage à domicile ni adapté à celui-ci ; le calculateur ne s'applique pas.
6Souvent étudié avec
Aspirine et inhibiteurs de P2Y12 (clopidogrel, ticagrelor, prasugrel) comme traitement de fond ; inhibiteurs de la glycoprotéine IIb/IIIa tels que eptifibatide (profil 132), abciximab et tirofiban, utilisés soit en association soit comme bras comparateur ; héparine non fractionnée comme comparateur standard ; cangrelor dans les schémas récents.
Renvois informatifs. Pas des recommandations d'associations.
7Statut réglementaire par région
| Région | Statut (vérifié le —) |
|---|---|
| États-Unis | Autorisé par la FDA (Angiomax, décembre 2000) pour l'ICP, y compris chez les patients atteints de TIH/TIHT ; plusieurs génériques depuis 2015 |
| Union européenne | Autorisé par l'EMA (Angiox, 2004) pour l'ICP et pour les adultes atteints de syndromes coronariens aigus devant bénéficier d'une intervention urgente/précoce ; génériques autorisés |
| Royaume-Uni | Autorisé par la MHRA (Angiox et génériques) ; usage hospitalier uniquement |
| Australie | Enregistré auprès de la TGA (Angiomax et génériques) † |
| Afrique du Sud | Enregistré auprès de la SAHPRA † |
| Sport | Non interdit par la WADA |
8Questions ouvertes
- Une perfusion prolongée à pleine dose après l'ICP (l'approche de BRIGHT-4) reproduit-elle son bénéfice hors de Chine et avec le ticagrelor/prasugrel en routine ?
- Posologie et surveillance optimales lors de la circulation extracorporelle et de l'ECMO, où l'usage est hors AMM et en croissance.
- Si la réduction des saignements se traduit par une meilleure survie dans la pratique contemporaine par abord radial.
9Références
- 1Maraganore JM et al. (1990). Design and characterization of hirulogs: a novel class of bivalent peptide inhibitors of thrombin. Biochemistry. PubMed · DOI
- 2Lincoff AM et al. (2003). Bivalirudin and provisional glycoprotein IIb/IIIa blockade compared with heparin and planned glycoprotein IIb/IIIa blockade during percutaneous coronary intervention: REPLACE-2 randomized trial. JAMA. PubMed · DOI
- 3Stone GW et al. (2006). Bivalirudin for patients with acute coronary syndromes (ACUITY). NEJM. PubMed · DOI
- 4Stone GW et al. (2008). Bivalirudin during primary PCI in acute myocardial infarction (HORIZONS-AMI). NEJM. PubMed
- 5Shahzad A et al. (2014). Unfractionated heparin versus bivalirudin in primary percutaneous coronary intervention (HEAT-PPCI). Lancet. PubMed
- 6Valgimigli M et al. (2015). Bivalirudin or unfractionated heparin in acute coronary syndromes (MATRIX). NEJM. PubMed · DOI
- 7Erlinge D et al. (2017). Bivalirudin versus heparin monotherapy in myocardial infarction (VALIDATE-SWEDEHEART). NEJM. PubMed · DOI
- 8Li Y et al. (2022). Bivalirudin plus a high-dose infusion versus heparin monotherapy in patients with ST-segment elevation myocardial infarction undergoing primary percutaneous coronary intervention (BRIGHT-4). Lancet. DOI
- 9FDA. Angiomax (bivalirudin) prescribing information (current label). PubMed
Les références sont en cours de rattachement à des identifiants PubMed/DOI ; d'ici là, les liens recherchent la citation dans PubMed.
† En cours de vérification par nos relecteurs à partir de sources actuelles.
10Communauté
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Effets indésirables auto-déclarés Phase 2
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